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  • 28 avril 2020
  • Temps de lecture: 2 min

[Gardez le cap] Emmanuelle Legault, Cadiou : « Dans toutes crises, je vois une solution »

Même confinés, les dirigeants de PME-ETI gardent le cap. Quatre d’entre eux ont accepté de nous raconter la manière dont ils traversent cette période difficile. Aujourd'hui, direction la Bretagne, avec Emmanuelle Legault, PDG de Cadiou Industrie, une entreprise familiale spécialisée dans la fabrication de portails, clôtures et garde-corps sur-mesure.

Une optimiste née. Emmanuelle Legault, qui codirige l’entreprise familiale Cadiou avec Jean-François Legault (son mari) et Anthony Bihan (son beau-frère), a foi en l’avenir. Il faut dire que l’entreprise bretonne de 460 salariés, membre du réseau Bpifrance Excellence, peut s’appuyer sur 40 ans de savoir-faire dans la fabrication de portails et de clôtures pour les professionnels et les particuliers.
Tout comme Bernard Fort de Tennaxia, Emmanuelle Legault a accepté de répondre aux questions de Bpifrance Le Lab, sur la manière dont Cadiou gère la crise liée à l’épidémie de Covid-19.

Quels ont été les premiers signaux qui vous ont alertée sur la nécessité d’agir pour votre entreprise ?

Dès le 2 mars, j’ai eu la chance d’échanger avec une amie établie à Dubaï. Pour eux, le confinement avait déjà commencé et toutes les relations à l’international étaient à l’arrêt. Elle m’a dit qu’il fallait que je m’organise.

Quel a été votre état d’esprit à l’époque ?

Je suis une optimiste née. Dans toutes crises, je vois une solution, une opportunité de me remobiliser. J’étais, et je le suis toujours convaincue que ça va repartir.

Vous n’avez jamais douté ?

Bien sûr que si. Après le discours du 14 mars, j’ai entendu que les magasins de bricolage avaient le droit d’ouvrir. Donc, un peu naïvement, j'ai cru que tout continuerait « normalement ».
Mais, dès le lundi, nous n’avions plus aucune commande. Tous nos chauffeurs se sont vu refuser le déchargement : les artisans ne voulaient plus de leurs commandes.
Là j’ai eu un coup de moins bien. Mais notre chance, c’est de diriger à trois. Quand il y en a un qui a des moments de doutes, les deux autres sont là pour redonner l’influx.

Vous avez été surprise de cet arrêt brutal de l’activité ?

Je n’ai pas compris. Ça a été un choc de voir des entreprises n’accueillant pas de public fermer au lieu de chercher des solutions pour sécuriser la venue au travail de leurs équipes.
Pour la poursuite de mon activité, je suis très dépendante de mon circuit de distribution. Et je n’avais envisagé que tous mes artisans puissent arrêter la pose des portails, qui se fait pourtant en extérieur.
Heureusement, aujourd’hui, je vois de plus en plus d’artisans à leur compte continuer. Ils en profitent pour prendre de nouvelles commandes, puisqu’il n’y a plus de concurrence. Ils ont su saisir l’opportunité et en sortiront gagnants.

Qu’en est-il de votre relation clients aujourd’hui ?

Chaque semaine nous envoyons un email à nos clients pour prendre le pouls de leur situation : leur activité mais également, comment ils vont et s’ils ont besoin d’aide.
Sur 3 000 clients, seuls 300 répondent. Beaucoup sont des artisans déconnectés des outils numériques. Alors nous rappelons ceux pour lesquels nous n’avons pas de retour.
C’est très efficace. Depuis le lancement de cette démarche, nous rouvrons des comptes, nous livrons de nouveaux des clients, de nouvelles commandes tombent.

Cette période vous permet finalement de transformer votre relation client sur le long terme...