Gatling impose ses tests de charges aux géants mondiaux

Il y a encore quelques années,  les problématiques de tests de charges étaient peu comprises. Quelques milliards d’utilisateurs et plusieurs milliers de sites en surchauffe plus tard, Gatling s’est imposé en France et à l’international comme l’un des acteurs les plus prometteurs de son secteur.
 

  • Actus
  • French Tech
  • International
  • Start-up
  • Articles
  • 06 août 2021
  • Temps de lecture: 2 min
équipe Gatling à Las Vegas
©Gatling - L'équipe Gatling à Las Vegas pour l'AWS reInvent, le grand rassemblement annuel des partenaires technologiques d'Amazon

« On nous contacte d’office en anglais en pensant qu’on est américain » raconte, amusé, Paul-Henri Pillet, co-fondateur et CEO de Gatling. Pourtant, la startup est bien française. Sélectionnée par Station F en 2018, elle figurait en 2020 dans le top 30 des startups de l’incubateur. Une reconnaissance hexagonale qui lui a permis de convaincre de grands noms internationaux du web. 

Faire comprendre l’utilité des tests de charge

« Sur le papier, ça ne partait pas très bien », confie le co-fondateur. En 2011, Stéphane Landelle a l’idée de développer une solution permettant de tester la robustesse d’un site en situation de trafic intense. Paul-Henri Pillet convainc celui qui sera son futur associé que ce projet a un potentiel gigantesque. En 2015, ils fondent Gatling Corp.

Au début, lorsque Paul Henri Pillet fait le tour de Paris avec son sac à dos pour promouvoir Gatling, le test de charge est encore méconnu et n’est une priorité pour personne. La solution en open-source de Gatling compte peu de téléchargements, mais les entreprises qui l’utilisent sont d’envergure internationale et s’en servent de manière intensive.

En quelques années, tout s’accélère dans le monde de la tech : les audiences de site internet et les exigences de rapidité ont explosé. Pour faire face à la demande, les professionnels du web développent des sites et des applications de plus en plus rapidement. Paradoxalement, les problématiques de performance ne sont pas anticipées. « En 2015, peu d’entreprises pensaient avoir besoin de nous. En 2017, l’enjeu des tests de charges commence à être compris et Gatling peut décoller », témoigne le co-fondateur.


De premiers clients internationaux


Deux ans après sa création, la société signe son premier contrat. « A force d’essayer de convaincre et d’aller à la rencontre des utilisateurs, on finit par se mettre en ordre de marche et les premiers clients nous font confiance », raconte Paul-Henri Pillet. La mise en place d’un business model fondé sur l’open-source avec une solution payante pérennise le développement de Gatling et rassure ses utilisateurs.

En juin 2017, la startup signe un premier contrat avec un grand groupe média britannique, puis les ventes s'enchaînent, surtout à l’international. Deutsche Bank, Adobe, OUI.sncf, l’administration fiscale norvégienne : avec 8 millions de téléchargements, Gatling est aujourd’hui utilisé quotidiennement par plus de 100 000 sociétés dans plus de 100 pays. « Les prospects pensent qu’on est une entreprise bien plus grosse alors qu’on est une équipe d’une quinzaine de personnes. », ajoute-t-il. 

Incubé à Station F, Gatling a directement bénéficié du rayonnement des dispositifs français pour valoriser son potentiel à l’étranger, comme l’explique son CEO : « Même à San Francisco, nos interlocuteurs américains connaissaient le label Station F. En plus d’être un lieu d’émulation incroyable, c’est un passeport en or pour la crédibilité d’une startup à l’international. »