Emploi et Handicap

  • Bang
  • 14 novembre 2016
  • Temps de lecture: 2 min

Gestion des déchets : Le Petit Plus, ou quand le social et l’écologie rencontrent l’industrie

L’entreprise adaptée s’est inspirée du modèle économique de ses confrères du Québec pour mettre en place un processus industriel de tri, de conditionnement et d’acheminement de déchets professionnels vers des usines de recyclage sans aucun intermédiaire.

C’est une histoire qui sort des sentiers battus. En 2005, en revenant de la tournée italienne de la comédie musicale « Les dix commandements », Mathieu Boullenger, alors danseur, décide de créer son propre emploi. L’idée ? Faire le ménage auprès des clients le matin et consacrer les après-midi à son activité artistique : Plus Que Parfait, entreprise de nettoyage écologique des locaux professionnels, voit ainsi le jour. Il commence à embaucher les premiers salariés, et ce, parmi des personnes éloignées de l’emploi, peut-être parce qu'il vient lui-même d’une famille de travailleurs sociaux. Puis, en parallèle d’une formation intensive en matière de techniques de propreté et de développement durable, le jeune chef d’entreprise mûrit l’idée de lancer, en outre, une activité de collecte et de valorisation de déchets professionnels : elle se concrétisera par la création, en 2009, de l’entreprise adaptée Le Petit Plus.

Une bonne idée venue du Québec

Le petit plus

En faisant une étude de marché, à l’époque de ses premiers pas dans le monde de entrepreneuriat, Mathieu Boullenger avait constaté que nombre de petits acteurs de l’économie sociale et solidaire en France étaient certes « de très bons prestataires de services » d’aide au tri des déchets, mais ils revendaient tous ces déchets à des intermédiaires - de grandes entreprises de valorisation qui les conditionnent et les transportent en direction des papetiers. En même temps qu'il établissait ce constat, il se rendait au Québec où il découvrait un modèle économique tout autre. Sur place, en 2008, il rencontre trois petites entreprises sociales qui, elles, avant d’acheminer leurs petites balles vers un grand papetier mondial, « ne disaient pas : nous sommes de bons prestataires de services, pas des industriels. Si on collecte le papier, on est obligatoirement des industriels. Il nous faut une usine, une presse à balles, un convoyeur… », raconte-t-il. En somme, de véritables petites unités industrielles.