Le « made in France » : comment s’y retrouver ?

Depuis quelques années le made in France connait un engouement de la part des entreprises et des consommateurs. Si les raisons de s’y mettre sont identifiables, l’appellation reste à définir.  

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  • 08 septembre 2021
  • Temps de lecture: 2-3 min
made in france

74 % des Français déclarent être prêts à payer plus cher pour consommer français, selon le dernier guide du fabriqué en France édité par le ministère de l’Economie et des Finances en 2018. La consommation de produits locaux correspond à une envie de réduire la part de produits importés causant des trajets longs très polluants. Elle sert également à soutenir l’économie française en créant de l’emploi, une préoccupation qui s’est amplifiée lors de la crise sanitaire. Selon la même source, une majorité des Français (91 %) mentionne le soutien de l’emploi en France et la préservation des savoir-faire locaux pour motivations premières.  

Le Fabriqué en France, entre mention d’origine et labels  

De leur côté, les entreprises gagneraient à valoriser l’origine de leurs produits. 91 % des Français considèrent comme important le fait qu’une entreprise indique à ses consommateurs que ses produits sont fabriqués localement avec une mention apposée sur le produit. Pour ce faire, plusieurs solutions s’offrent à l’entreprise : l’indication de l’origine, la provenance des produits mais aussi certains labels encadrés plus ou moins exigeants.  

« Fabriqué en France, fabrication française, produit en France ... » sont des mentions qui indiquent l'origine des produits. Leur mention est facultative, une entreprise peut toutefois s’en prévaloir. Selon le guide gouvernemental du produit en France, « la mention de fabriqué est déclarative en France et en Europe. » La règle de « l’origine non-préférentielle » permet aux entreprises de mettre sur leurs produits l’expression « made in France » pour peu que la dernière étape de fabrication et d’assemblage du produit ait eu lieu sur le territoire même si les matières premières et certaines phases de productions sont réalisées à l’étranger. Face à la flexibilité de la mention d’origine qui ne certifie pas la provenance des produits mais leur lieu de fabrication, certains organismes, notamment des associations professionnelles, délivrent des labels avec des cahiers de charges plus exigeants afin de contrebalancer la prolifération de mentions hétérogènes.  

Les labels peuvent concerner certains produits d’une entreprise ou l’entreprise elle-même et sont généralistes ou sectoriels. Deux secteurs sont particulièrement intéressants pour les entreprises qui souhaitent obtenir un label ou apposer une mention « fabriqué en France » : l’habillement et l’automobile. 48 % des Français préfèrent s’habiller français et 31% d’entre eux privilégient les voitures « made in France ».  

Marquage d’origine et labels, une démarche volontaire engageante   

Plus qu’un argument marketing, le marquage d’origine est une démarche volontaire encadrée pour la plupart des produits à l’exception de quelques produits alimentaires. En France, la mention est encadrée par la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) et par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCR). Les labels permettent aux entreprises de donner davantage de visibilité à leurs produits et sont gérés directement par les organismes qui les délivrent selon des cahiers de charges précis. Ces labels comprennent des niveaux de difficultés très variables. On y compte les marques collectives caractérisées par une garantie du système de contrôle et un respect de cahier de charges établi par un autre organisme mais également les allégations commerciales qui sont des mentions propres à une entreprise, non contrôlées par un tiers.  

Parmi les mentions d’origine les plus courantes on trouve :  

  • L’IG (Indication géographique), gérée par l’institut national de la propriété industrielle (INPI), indique la zone géographique de la production, par exemple : Granit de Bretagne ou porcelaine de Limoges.  

  • EPV (Entreprise du patrimoine vivant), label géré par l’Etat et marque de reconnaissance d’un savoir-faire français exceptionnel, concerne majoritairement des métiers d’art et d’artisanat en France.  

  • Origine France Garantie, label garanti par l’association pro France. Pour y prétendre 50 % du prix unitaire du produit doit être acquis en France. Ce dernier doit aussi prendre ses caractéristiques essentielles en France.  

  • Des labels régionaux tels que « Produit en Bretagne » ou « Dentelle de Calais-Caudry »  

  • Des labels sectoriels tels que « France terre textile » ou « Joaillerie de France ».  

Avant de se lancer dans une démarche d’acquisition de label, le gouvernement français préconise cinq étapes essentielles :  

  • Définir l’identité de son entreprise afin d’identifier sa mission et ses valeurs   

  • Identifier rigoureusement la localisation de sa production afin de pouvoir la justifier auprès des autorités juridiques.  

  • Choisir le marquage le plus adéquat en fonction du secteur, des coûts, du système du contrôle et de l’entité émettrice  

  • Vérifier le respect du cadre juridique  

  • Intégrer le marquage dans sa stratégie marketing.