Les entreprises et l'Europe

  • 20 décembre 2021
  • Temps de lecture: 2 min

L’export, un enjeu pour l’emploi et pour la place de la France au sein de l’Union européenne

Dans un rapport publié le mois dernier, Bruxelles indique que les exportations européennes ont soutenu 38 millions d’emplois sur le continent en 2019. Ce chiffre, en constante progression, détonne avec le déficit commercial toujours plus conséquent de la France, relevé par les Douanes début décembre. 
 

export français

11 millions d’emplois supplémentaires en 10 ans. Au total, les exportations européennes vers le reste du monde ont soutenu 38 millions d’emplois au sein des pays membres en 2019. En France, 4 millions de personnes sont concernées. Le rapport sorti mi-novembre est l’occasion pour la Commission Eeuropéenne, son émetteur, de rappeler l’importance d’une politique commerciale ouverte sur le monde. « Notre priorité est de continuer à stimuler les exportations et de créer des marchés pour les biens et services des pays membres. Cela aidera nos entreprises - en particulier les PME, qui représentent 93 % de tous nos exportateurs - à créer des emplois à travers l’Union européenne », indique Valdis Dombrovskis, commissaire européen au Commerce, dans un communiqué. Ce dernier souligne également que ces métiers sont en moyenne 12 % mieux payés que les autres. Mais alors que les exportations françaises ont alimenté 6,4 millions d’emplois dans le monde (dont 4,1 millions en Europe) en 2019, l’Hexagone continue d’être en déficit commercial avec la plupart de ses partenaires européens.

Produire français pour rester indépendant

Les résultats sur le commerce extérieur français rendus par la direction générale des Douanes début décembre font état d’un solde commercial toujours plus déficitaire, à un peu plus de 77 milliards d’euros. La reprise encore lente des exportations suite à la Covid-19, mais surtout la différence de valeurs entre les importations et exportations françaises creuse la balance. François Bayrou, Haut-Commissaire au Plan, pointe du doigt l’exclusion progressive de certains secteurs de production et souligne quelques paradoxes. Ainsi la France, bien que leader mondial de la production de pommes de terre, importe massivement ses chips et ses flocons, et il en est de même avec sa production de bois et ses meubles. « Nous sommes les clients de ceux qui achètent nos matières premières », accuse-t-il au micro d’Europe 1. Alors qu’il n’y a jamais eu autant d’entreprises exportatrices qu’aujourd’hui en France (130 000), François Bayrou lance l’alerte pour espérer remonter la pente avant qu’il ne soit trop tard. Sa note publiée sur le site du gouvernement identifie plusieurs catégories de produits à reconquérir, parmi lesquels le textile, les produits agricoles et agroalimentaires, ou encore les équipements et objets de la maison. 

Nos voisins outre-Rhin et outre-Alpes, en comparaison, restent de l’autre côté de la balance, avec un excédent commercial de plus de 200 milliards d’euros pour l’Allemagne. Pour rattraper son retard, le gouvernement français a fait de l’internationalisation des entreprises une de ses priorités depuis 2018. Une priorité qui doit lui permettre de conserver sa place prépondérante au sein de l’UE et de réduire sa dépendance vis-à-vis des autres pays membres.

Angélina Magne
Angélina Magne Rédactrice web