Osons les ETI !

Les ETI sont les grands groupes de demain. « En France, nos jeunes pousses deviennent des bonsaï. Nous voulons des arbres ! ». C'est l'objectif exposé par Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, intervenant lors de la grande manifestation “Osons la France” qui s’est déroulée au Grand-Palais, à Paris, du 4 au 7 décembre.

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Des financements à la hauteur des ambitions de croissance

180 millions d'euros ! C’est la somme investie par Bpifrance dans Sermeta, le leader européen des échangeurs thermiques, installé à Morlaix. Un bel exemple de la capacité de réaction de la banque publique, qui a fait des entreprises à taille intermédiaire (ETI), comme Sermeta, l’une de ses priorités. Une quinzaine d’entre elles ont ainsi bénéficié d’un ticket de 10 à 180 millions. « Quand on entre au capital d’une de ces entreprises comme actionnaire minoritaire, et qu’on l’accompagne ainsi pour devenir un grand groupe, c’est un immense plaisir », a résumé Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance.

Exposition universelle de la France innovante

Ces sociétés de plus de 250 salariés et de moins de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires font partie de cette France créative, innovante et entreprenante. Celle qui était mise à l’honneur lors de cette grande manifestation “Osons la France”. À mi-chemin entre l’Exposition universelle et le Concours Lépine, l’innovation à la française a fait son show pendant que des jeunes s’ouvraient aux questions économiques lors d’un grand forum public. En parallèle se tenait le Premier sommet de l’économie, inauguré par Emmanuel Macron, le ministre de l’économie. « Nous y abordons les véritables enjeux de la France aujourd'hui sur lesquels on entend peu les politiques, explique Aude de Thuin. D’où le format des « duos », pour ne pas dire « duels », entre nos politiques et les chefs d’entreprise. Nous voulons favoriser un dialogue constructif. »

L'irrésistible ascension des ETI

L’une de ces rencontres était donc consacrée aux ETI, en présence de trois chefs d’entreprises et du président de Bpifrance. Ces quelques 4 600 sociétés assurent 34 % des exportations françaises et emploient un quart des actifs ! Ancrées dans un territoire, porteuses d'une tradition industrielle et souvent, d'une histoire familiale, elles sont plus agiles que les grands groupes. « Au XXeme siècle, les gros ont mangé les petits ; au XXIeme, ce sont les rapides qui mangeront les plus lents », prédit l’un des intervenants, Jean-Luc Petithuguenin, dirigeant de Paprec, une ETI en pointe dans le recyclage des déchets. Une intuition partagée par John Persanda, le patron de Sphere, leader européen des emballages domestiques. En quinze jours, il a racheté une entreprise américaine de biotechnologies qui lui a permis de prendre un virage stratégique vers une croissance plus verte. L’innovation, c’est l’autre clé de voûte de ces ETI. « Elles se nourrissent d’audace, a confirmé Elisabeth Ducottet, présidente du syndicat Asmep-ETI et PDG de Thuasne, spécialiste du textile technique médical. L’audace du long terme, de l’industrie, de l’innovation, du numérique et des femmes dans le management ! »

Libérer le désir de croissance

Pourtant, elles sont encore insuffisamment nombreuses en France. On en compte 12 000 en Allemagne et 10 000 au Royaume-Uni. D’où l’importance de la mission de Bpifrance qui joue, parfois, les coachs sportifs ! « Comment libérer le désir de croissance ? Voilà la véritable question ! » s'interroge Nicolas Dufourcq, qui poursuit : « Il faut que les entrepreneurs aient envie de devenir leader mondiaux. En France, nos jeunes pousses deviennent des bonsaï. Nous voulons des arbres ! »
Fier de repérer les bonnes graines, Bpifrance accompagne leur développement : « Nous mettons tous nos moyens à leur disposition, confirme son président. Financement d’innovations, prêts sans garantie, préfinancement du CICE, capital risque et capital développement : nous disposons d’un fond de 3 milliards d’euros consacrés aux ETI. » En bref, osons oser !