Qu'est-ce que la Femtech ?

Vous avez peut-être déjà lu ce mot sans vraiment savoir de quoi il s’agissait. Aujourd’hui, dans la série « Dans notre jargon », zoom sur la Femtech, un petit terme qui cache de grandes ambitions !

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  • 12 juillet 2021
  • Temps de lecture: 2 min
femtech

Cleantech, Civictech, Medtech… L’association de la technologie aux différents secteurs entrepreneuriaux n’en finit pas de faire des petits. Nouveau venu dans l’écosystème : la Femtech.  
Imaginé en 2016 par Ida Tin, fondatrice de l’application de suivi de règles Clue, cette abréviation de “female technology”, rassemble l’ensemble des technologies et solutions mises au point pour répondre à un besoin dans le secteur de la santé des femmes.  

En seulement 5 ans, ce secteur auquel personne ne croyait est devenu l'un des marchés les plus porteurs de sa génération : culotte de règles, diagnostic de l’endométriose, implant mammaire en impression 3D… La Femtech rassemble aujourd’hui de nombreuses innovations qui accompagnent les femmes sur des sujets auparavant tabous. 
Pourtant estimé à près de 50 milliards de dollars d'ici 2025 (selon une étude Frost & Sullivan), cette industrie a longtemps peiné à trouver des investisseurs. Un paradoxe puisque la Femtech regroupe des services qui concernent 50 % de la population. 

Femtech : un marché porteur 

« Les femmes ont longtemps été exclues de la recherche clinique. », rappelle Diane Roujou de Boubée, directrice d’investissement chez Citizen Capital, dans les colonnes de Medium. « La R&D axée spécifiquement sur la santé des femmes ne représente que 4 % du financement global des produits et services de santé. En comparaison, 2 % du financement total va à la recherche spécifique sur le cancer de la prostate. La plupart des maladies masculines font l'objet de recherches spécifiques, mais la réciprocité n'est pas vraie ».  

Aujourd’hui, plusieurs startups s’imposent sur le marchéObsEva, FemTech suisse qui a réussi une entrée en bourse remarquée en 2017, Clue qui compte plus de 10 millions d’utilisatrices dans le monde depuis sa création en 2013, ou encore Eva, un soutien-gorge permettant de détecter des cancers du sein. “Tous ces signaux prouvent que le secteur est porteur et cela crée un cercle vertueux, un effet boule de neige du côté des financements”, se réjouit Marine Wetzel, startup program manager à Station F et cheffe du pôle FemTech de Sista, dans une entrevue accordée à Maddyness.  
 
En France, avec la digitalisation massive de la société, de nombreuses femmes s’appuient aujourd’hui sur ces applications pour gérer leur santé. C’est notamment le cas d’Efelya, qui propose un suivi personnalisé de sa grossesse, Endodiag, un outil pour faciliter la détection de l’endométriose ou Ablacare, qui a levé 10 millions d’euros en 2019 pour lutter contre le syndrome des ovaires polykystiques.  
Des technologies qui, pour bon nombre d’entre elles, se basent sur la Data, une notion importante qui permet de crédibiliser leur projet auprès d’investisseurs, encore réticents à financer ce genre d’innovations. Et loin de ne concerner que les femmes, ce secteur est en phase de transformer la recherche médicale, comme l’explique à Business O Féminin, Léocadie Raymond, directrice générale de Teolab, une société qui propose la cup menstruelle Luneale. « L’analyse des données de santé anonymisées permettra de lancer d’autres projets. On a par exemple découvert seulement en 2007 que le sang des règles contenait des cellules souches tout comme le cordon ombilical. Ça a entrainé un changement de paradigme : le sang menstruel est passé de déchet à ressource pour la recherche et la médecine ».  
Un présage de belles découvertes pour la santé de tou(te)s.