Rentrée littéraire 2021 : quel état des lieux pour le marché du livre ?

521 c’est le nombre de livres parus pendant la deuxième rentrée post-Covid. Nouvelles thématiques, auteurs phares et ressenti des libraires… Que dit ce chiffre sur la saison 2021 ?  

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  • 04 octobre 2021
  • Temps de lecture: 2 min
Livres- Libraires

Cet automne s’annonce optimiste pour les libraires comme pour les lecteurs. Si la rentrée n’a pas exactement retrouvé son niveau de production pré-Covid (524 livres en 2019), elle enregistre une hausse par rapport à l’an dernier (511 livres). Cette atmosphère sereine s’accompagne de signes de résistance pour le secteur qui affiche un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros en 2020, soit une baisse de seulement 2,6 % par rapport à 2019.  

Malgré ces indices de retour à la normale, le nombre de livres annoncé à la rentrée, examiné à long terme, reste bas par rapport aux années passées. Il y a cinq ans, ce chiffre était de 560, 654 il y a dix ans.  En cause, une baisse constante du nombre de lecteurs malgré la résilience du secteur. « Le marché du livre subit une perte de lectorat depuis 10 ans et la crise sanitaire n’a pas arrangé les choses. Un Français sur deux n’a pas ouvert un livre pendant le confinement », explique Claude de Saint Vincent, Editeur et DG de Média-participations, 4e groupe d’édition en France.  

Les libraires moins réticents à la nouveauté  

Parmi ces 521 romans, on retrouve 379 romans français et 142 romans étrangers. Cette année, contrairement à l’année passée, les éditeurs comme les libraires ont été moins réticents à introduire de la nouveauté. Pas moins de 75 premiers romans côtoient les têtes d’affiche. En valeurs sûres, on y retrouve Amélie Nothomb qui sort son 30e livre Premier Sang chez Albin Michel, Christine Angot avec Voyage dans l’Est chez Flammarion et Sorj Chalandon et son nouveau titre Enfant de salaud à retrouver chez Grasset. Parmi les 142 romans étrangers, un recueil de nouvelles de Richard Ford et Klara et le soleil de Kazuo Ishiguro, prix Nobel britannique, sont plébiscités. Coté thématiques, la sélection est équilibrée. Histoires de familles, romans historiques, maladie du siècle, place des femmes et cause environnementale sont les sujets phares de la rentrée.  

40 ans du prix unique du livre, une exception économique française  

Autre élément marquant de cette rentrée littéraire : elle coïncide avec l’année du 40e anniversaire de la loi Lang fixant le prix unique du livre. Une exception économique française qui joue un rôle dans la résilience du secteur. « Sans cette loi, on serait mort.  Elle représente une sauvegarde de la librairie indépendante. Parce qu'avant, les Fnac, Leclerc, But et compagnie achetaient les livres par palettes, quand nous on les achète en moindre quantité. Ils pouvaient faire un prix défiant toute concurrence. Cette loi a permis de ne pas courir au moins cher. », a déclaré à France Bleu Joël Hafkin, responsable de la plus grande libraire indépendante du Centre-Val de Loire, La Boîte à Livres.   

Si les librairies indépendantes ont résisté à la crise sanitaire, cette dernière a provoqué d’autres problématiques. Devant un recours de plus en plus important à l’achat en ligne, y compris pendant les temps forts de l’année, les librairies, particulièrement les plus petites, doivent gérer les prix des livraisons. Soucieux de l’équité entre acteurs du marché, le Sénat a examiné en juin dernier un texte encadrant les tarifs de livraison des livres en fixant un prix plancher.  

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