Tractable : la success story de l’assurtech anglaise dirigée par deux frenchies

Assurtech phare du secteur, Tractable s’est imposé en moins de 6 ans comme la référence en matière de solution IA à destination des assureurs et de leurs clients. Une belle réussite par 2 frenchy, Adrien Cohen et Dalyac qui comptent bien faire de la startup le leader mondial du secteur.

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  • 25 mai 2021
  • Temps de lecture: 2-3 min
Tractable

 

Accélérer la résolution des sinistres et accidents automobiles grâce à l’intelligence artificielle. En 2015, à l’heure où les ordinateurs dépassent pour la première fois les performances humaines dans le secteur de la compréhension des images, Adrien Cohen, Alexandre Dalyac et Razvan Ranca décident de s’appuyer sur l’intelligence artificielle pour changer la façon dont les assureurs opèrent et travaillent. Avec Tractable - aujourd’hui implanté dans 13 pays - le trio s’est imposé dans la sphère très fermée des assurtech et a récemment annoncé un partenariat de grande envergure avec le groupe Covéa le géant français de l’assurance.

Adrien Cohen, co-fondateur et président de la startup et deuxième frenchy du groupe, revient sur la création de la startup et sur les possibilités entrepreneuriales outre-manche.

Bpifrance : Tractable n’est pas votre première startup. Comment avez-vous atterri dans ce projet ?

Adrien Cohen : Effectivement, Tractable est la deuxième société que je monte. J’ai quitté la France pour l’Asie en 2012 et c’est là-bas que j’ai co-fondé Lazada, une société de e-commerce.
Rapidement, l’entreprise a connu une croissance fulgurante jusqu’à devenir leader en Asie du Sud-Est. C’est pendant cette période que j’ai rencontré un de mes co-fondateurs, Alexandre, avec qui j’ai travaillé un temps au Vietnam.

Par la suite, il est reparti en Angleterre pour reprendre des études de Machine Learning, mais nous sommes restés en contact. Quand Raznave et lui ont intégré l’incubateur « Entrepreneur First » pour y développer Tractable, je venais de revendre ma première société à Alibaba pour 3 milliards d’euros. Le timing était donc parfait pour me lancer dans une nouvelle aventure !

B : Concrètement, comment fonctionne Tractable ?

AC : Si la pandémie nous a bien appris quelque chose, c’est que plus que jamais nous avons besoin d’agir vite, et à distance. C’est pourquoi Tractable propose, à l'aide d'une simple photo (prise par un particulier par exemple), d'identifier les dégâts en l'espace de quelques secondes. Un gain de temps considérable pour les assureurs et leurs clients quand on sait que la résolution d’un sinistre prend entre 30 et 40 jours.

B : Sur trois co-fondateurs, vous êtes deux à être français. Pourquoi ne pas avoir choisi l’Hexagone pour lancer Tractable ?

AC : A mon arrivée dans le projet, Alexandre et Raznave avait déjà lancé le projet dans un incubateur anglais, il paraissait donc logique de rester au Royaume-Uni pour développer le projet. De plus, c’est un pays extrêmement intéressant pour monter une société. Le tissu économique y est très mature, et le réseau d’investisseurs et d’entrepreneurs est quant à lui très stimulant et offre un vrai soutien aux jeunes pousses.
Notre envie d’international a également pesé dans la balance. Lorsqu’on a dans l’idée de lancer une entreprise mondiale, s’implanter dans un pays anglophone facilite beaucoup les choses. On met plus rapidement les pieds sur de plus gros marchés comme les États-Unis par exemple.

B : Et quel regard portez-vous sur l’écosystème entrepreneurial français ?

AC : Ce n’était pas le cas en 2012, mais aujourd’hui il est très clair que la France s’est imposée dans l’écosystème entrepreneurial mondial. On y trouve des sociétés de gros calibres, des investisseurs très sophistiqués et beaucoup plus de soutien et d’attention portée à la création d’entreprise. C’est désormais un parfait environnement pour les entrepreneurs !

B : Comment voyez-vous la suite pour Tractable ?

AC : Google, Alibaba, Microsoft, ont essayé de rentrer dans ce marché, pourtant nous gardons une position assez unique. Nos clients sont les plus gros assureurs au monde. Nous avons récemment signé un contrat d’ampleur avec Covéa et ses trois marques Maaf, MMA, GMF. Nous travaillons également avec Admiral, Warta ou encore Ageas qui font partie du Top 10 des assureurs européens. Un beau portefeuille que nous allons continuer à étoffer afin de devenir le leader mondial dans le secteur de l’assurtech.
Au départ, notre solution se centrait sur les dégâts automobiles, aujourd’hui on souhaite élargir notre spectre pour couvrir également les dégâts aux habitations.

En deuxième partie d’année, nous allons également lancer une nouvelle levée de fonds (ndlr : l’entreprise a déjà levé plus de 55 millions de dollars depuis sa création) pour alimenter notre croissance et poursuivre notre expansion mondiale.