Europe centrale et orientale, Russie : des marchés si proches, à saisir !

  • International
  • 09 octobre 2017
  • Temps de lecture: 2 min

Ukraine, c’est maintenant qu’il faut y aller !

Entrepreneurs, pensez à l'Ukraine ! Aller en Ukraine demande d’avoir les reins solides, mais c’est aujourd’hui que les PME et ETI doivent prendre position sur ce marché de plus de 42 millions d’habitants qui intéresse beaucoup les pays concurrents, estime Alexis Struve, directeur pays chez Business France.

Quel est l’état de la conjoncture économique ?

En 2014, le PIB a chuté d’environ 7 %, et en 2015 de 10 %. Mais simultanément, le secteur agricole a connu une croissance à peu près équivalente à la chute du PIB. Le pays a renoué avec la croissance en 2016. Les tendances économiques positives observées en 2016 devraient se prolonger en 2017 (+2 % de croissance du PIB prévue) et s’amplifier les années suivantes.

Banque

L’Ukraine s’est construite durant des décennies en ayant comme référent essentiel la Russie et les pays de la CEI. Aujourd’hui, elle se tourne vers le voisin de l’Ouest, l’Union européenne. C’est toute l’économie qui est appelée à se restructurer. Dans cet esprit, le pays s’est engagé dans un ensemble de réformes majeures. Sur le plan monétaire, le taux de change est devenu flexible permettant, après une phase d’inflation/dévaluation, une stabilisation de la monnaie. Le système bancaire a été restructuré. Sur 180 banques, environ 80 ont été fermées. Ce sont des éléments stabilisateurs, c’est un pays avec lequel les entreprises françaises peuvent travailler.

Quels sont les secteurs porteurs pour les PME françaises ?

Traitement eau

Les secteurs les plus porteurs sont l’agriculture, le commerce de gros et de détail, les nouvelles technologies et les services urbains : l’eau, l’énergie, les transports urbains, l’organisation des services urbains, les déchets. Un vrai marché se développe sur les infrastructures d’autant que les institutions financières internationales sont particulièrement présentes.
Par exemple, le FMI a accordé un prêt de 17,5 milliards de dollars, sur 5 ans, ; les organismes comme la BEI, la Banque mondiale, la BERD, sont présents aussi et accompagnent les municipalités dans les programmes de réorganisation de leurs villes. Avec Business France, nous essayons de surfer au maximum sur les financements internationaux. Nous organisons régulièrement des missions pour faire se rencontrer les municipalités et les bailleurs de fonds internationaux. Il y a aussi l’industrie. Elle représente près de 37 % de l’activité mais elle est dans une phase de restructuration très profonde.

Ces marchés intéressent-ils les PME et ETI ou uniquement les majors ?

Biomasse

Demain, je reçois les maires de trois villes, et je vais leur présenter deux entreprises, d’une part un cabinet d’architecte qui construit des maisons autonomes en énergie et d’autre part, une autre qui fabrique des cuves de traitement d’eau, peu chères, pour des villes de taille moyenne. On peut directement les installer telles quelles dans des quartiers, ce qui permet de gérer rapidement la question de l’eau. Autre exemple, dans le domaine de la biomasse, il y a des entreprises françaises qui proposent des offres adaptées et qui travaillent déjà avec l’Ukraine. Dans l’agriculture, se fait sentir le besoin d’équipements, de semences, de structures pour le stockage de blé...et les moyens sont là pour financer des investissements dans le domaine de l’irrigation, des machines agricoles. Alors oui, il y a de la place pour les PME et ETI françaises en Ukraine.

Ce pays n’est-il pas trop risqué pour des investisseurs étrangers étant donné la situation politique actuelle ?