Valrhona fait bouger les lignes du goût… mais surtout de la RSE

Cela fait déjà plusieurs années que les consommateurs ont l’œil sur les produits qu’ils achètent. À quoi bon choisir du bio si l’entreprise qui le fabrique à de mauvaises pratiques sociales et environnementales ? Consommer durable se joue tant au niveau des entreprises que de leurs produits. Une philosophie qu’incarne notamment Valrhona, fabricant de chocolat haut-de-gamme.

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  • Île-de-France
  • 14 juin 2021
  • Temps de lecture: 2 min
choco

Les amateurs de chocolat auront peut-être vu passer la nouvelle : Valrhona a sorti un chocolat noir et bio, Millot 74 %, issu de sa plantation partenaire à Madagascar. Une gamme qui s’élargit, sans oublier le lancement, en 2020, d’un chocolat vegan, à base d’amandes. « Nos recettes évoluent en fonction des demandes des consommateurs, dont les préoccupations rejoignent également celles de l’entreprise : produire mieux, dans le respect de l’environnement et des producteurs », explique Alice Dux, chargée de projet RSE dans l’entreprise. Voilà pourquoi la démarche responsable de Valrhona est loin de se concentrer sur ses seules recettes.

Une démarche engagée auprès des producteurs locaux

« Nous souhaitons avoir un impact positif sur toute la filière du cacao, le monde de la gastronomie, les producteurs et les clients », explique la jeune femme. Le groupe travaille à améliorer les pratiques dans une filière aux conditions de production controversées. Il s’assure de proposer aux producteurs partenaires des prix d’achat stables, afin de leur garantir un revenu décent. À Madagascar, près de la fameuse plantation bio, Valrhona participe à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, notamment avec la construction d’un centre de soins.
« Nous avons une culture de l’excellence et aimons avoir un bon contrôle des choses. Mais changer les pratiques pour avoir un impact réel, c’est aussi savoir bousculer l’ordre établi et prendre des risques. Livrer du chocolat en vrac à des grands chefs, dans des bacs consignés lavables et réutilisables en fait partie », ajoute Alice Dux. Une expérience menée dans la région lyonnaise et qui pourrait ensuite s’étendre. « Cela s’inscrit dans notre démarche globale d'éco-conception, qui vise en même temps les recettes et le packaging. »

B-Corp, le choix d’un label l’exigence

Est-ce pour faire valoir cet impact auprès de ses clients professionnels et du grand public que Valrhona a entrepris de décrocher le label international B-Corp, qui récompense les engagements et la transparence des entreprises ? « Au départ, nous cherchions juste un référentiel pour évaluer nos pratiques. Les autres labels ne sont pas assez exigeants. Puis, nous nous sommes complètement pris au jeu. » Un jeu qui aura demandé du temps et de l’énergie, puisque l’intérêt de Valrhona pour B-Corp se manifeste en juillet 2016 et que l’entreprise ne sera labellisée qu’en janvier 2020. « Nous avons obtenu beaucoup de points grâce à notre valorisation des producteurs de cacao et à la réduction de l’impact de notre chocolaterie de Tain l’Hermitage, devenue neutre en carbone. » Cette labellisation ne modifie pas pour autant la façon de penser de l’entreprise, confiante sur la validité tant stratégique que RSE de ses choix de développement. « En revanche, B-Corp a des répercussions indéniables sur le recrutement. Sur la fierté de nos collaborateurs également », conclut Alice Dux.