Vins et spiritueux : comment se porte la France à l’international ?

Premier pays exportateur de vin en termes de valeur, la France assume depuis plusieurs années une place de leader sur le marché mondial. Entre un positionnement historique solide et un contexte économique instable, deux experts Business France nous décryptent la situation.  

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  • 05 octobre 2021
  • Temps de lecture: 2-3 min
Vins

Pour Adrien Calatayud, chef de service vins, spiritueux, bières et cidres chez Business France et Anna Achard, responsable du pôle conseil et expertise sectorielle, l’Hexagone n’a pas à craindre pour sa place à l’international. L’ensemble des vins à appellation d’origine protégée (AOP) ont traversé la crise sans difficultés et enregistré pour les 6 premiers mois de 2021 une hausse de 11 % en volume et de 13 % en valeur, par rapport aux 6 premiers mois de 2019 (période de référence sans « effet covid »).  

2021, en bonne voie pour une hausse marquante par rapport au chiffre d’affaires de 2020  

En 2021, le champagne, qui a été le plus touché par la crise sanitaire en raison de l’annulation des célébrations et festivités, remonte dans les classements. Du côté des spiritueux, le cognac enregistre 7 % d’augmentation de ses volumes d’export et 5 % de progrès en termes de valeur par rapport à l’année 2019. « En spiritueux, les exportations de la France sont essentiellement et historiquement portées par le cognac. Cependant, nous enregistrons un progrès notable pour l’armagnac. », explique Adrien Calatayud.  

Avec un chiffre d’affaires export de 8,7 milliards d’euros pour les vins en 2020, la France préserve son statut de leader mondial, première en termes de valeur des exportations et troisième derrière l’Italie et l’Espagne en termes de volume. Pour cette année, Adrien Calatayud est optimiste. « Nous avons exporté 7,2 millions d’hectolitres de vin ce premier semestre de 2021, ce qui représente un chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros. Nous sommes sur une tendance positive et espérons atteindre les 10 milliards cette année avec les fêtes de fin d’année. »  

Le rosé, la couleur qui continue à séduire le marché américain 

« Malgré les taxes imposées du temps de l’ex-président Donald Trump, les États-Unis demeurent la première destination en valeur des vins français (y compris pour les vins rosés), suivie par le Royaume-Uni et l’Allemagne. », souligne Anna Achard. Ces destinations traditionnelles sont relativement stables. « La France exporte partout dans le monde et depuis très longtemps. Notre top 10 de destinations est stable. C’est entre la 11e et la 20e place que nous pouvons observer des tendances et des mutations intéressantes, » explique la responsable du pôle conseil et expertise sectorielle chez Business France. En 2 ans, certains marchés doublent leurs chiffres en volume et en valeur, à l’instar de la Corée du sud qui a  enregistré une croissance à trois chiffres. « C’est une destination phare que nous surveillons de près aux côtés des entreprises françaises », nous confie Adrien Calatayud.  

 « Parmi ces marchés, nous pouvons déceler certaines tendances. Le marché asiatique est par exemple traditionnellement intéressé par le vin rouge. Celui américain, plus mature, est aujourd’hui séduit par le rosé et les vins à bulles. », explique l’experte.  « Notre rôle est de saisir ces tendances et d’essayer de les changer à notre avantage. Actuellement, nous comptons beaucoup sur la mode du rosé pour ouvrir les marchés asiatiques à d’autres couleurs de vin. Les premiers échos sont concluants. »  

Les consommateurs se soucient davantage de l’impact du produit qu’ils consomment 

« Dans l’ensemble, la plupart des entreprises françaises osent l’export pour s’étendre au-delà du marché national qui stagne et chacun a une carte à jouer ! » exprime l’experte avec optimisme.  Côté stratégie d’export, même si l’Hexagone a la côte à l’international, choisir une destination reste une décision à étudier en fonction de l’offre de l’entreprise et de la spécificité de ses produits par rapport à la demande.  « L’accord mets et vins joue beaucoup pour choisir sa destination. En fonction de son produit et de la culture culinaire du pays, on peut déterminer son marché cible d’où l’importance de se faire accompagner en allant à l’international afin de matcher offre et demande », explique l’experte. 

Aujourd’hui, en plus des sensibilités culinaires, les entreprises doivent prendre en compte le souci environnemental dans leurs productions quand elles envisageant l’international. « Historiquement, les pays scandinaves sont sensibles au vin biologique. Mais aujourd’hui, cette tendance se généralise et vaut pour le marché national comme pour le marché international.  Les consommateurs se soucient davantage de l’impact du produit qu’ils consomment, à la fois sur leur santé et sur l’environnement, même quand il s’agit de vins et spiritueux. », alerte Anna Achard.  

Pour aller plus loin :

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