Laurence Vaglio : Mon métier de chargée d’affaires co-financement

Bpifrance exerce des grands métiers tels que l’innovation, le financement, l’investissement, l’international, l’accompagnement ou encore la création. Des métiers irrigués par le financement mais également le co-financement que Bpifrance exerce avec d’autres banques partenaires. Retour sur ce métier avec Laurence Vaglio, chargée d’affaires co-financement.

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  • 17 juin 2021
  • Temps de lecture: 5 min
MMD

Une des missions de Bpifrance - la banque des entrepreneurs - est de faire levier dans les plans de financement, mais également d’inciter et d’apporter au bon moment les ressources indispensables afin de contribuer, aux côtés des banques, à la bonne réussite des projets. Un métier que Laurence Vaglio, chargée d’affaires co-financement dans la direction régionale de Toulouse, nous fait découvrir aujourd’hui.

Bpifrance : Qu’est-ce qu’un chargé d’affaires co-financement ?

Laurence Vaglio : Un chargé d’affaires co-financement, c’est avant tout une personne qui se met au service de l’entrepreneur. Il est important d’être à son écoute pour pouvoir répondre au mieux à ses besoins de financement.
On peut intervenir de différentes manières, on leur propose des financements de moyen terme pour financer du matériel par exemple ou des financements de long terme pour de l’achat immobilier. En parallèle de ces offres, Bpifrance propose également tout un panel de prêts spécifiques qui sont des prêts sans garanties pouvant aller jusqu’à 10 ans (avec des différés de remboursement), et qui permettent aux entrepreneurs de financer leurs différents besoins.

B : Avez-vous noté une évolution dans ce métier ?

LV : Oh que oui ! Aujourd’hui, c’est un métier complet qui nous permet d’être totalement à l’écoute des problématiques de l’entrepreneur. A l’origine, nous apportions essentiellement des solutions de financement, mais depuis quelques années on fait bien plus que ça. Quand un chef d’entreprise nous présente sa stratégie de développement, ses projets et ses problématiques, on peut lui proposer des solutions de financement mais aussi d’autres types d’offres tels que l’accompagnement ou l’international par exemple. C’est ce large panel qui fait aujourd’hui la force de Bpifrance.

B : Comment accompagnez-vous les entrepreneurs au quotidien ?

LV : Comme beaucoup de mes collègues chargés d’affaires, j’accompagne les entreprises en croissance et en développement de plus de 3 ans tout au long de leur vie. Ainsi, nous pouvons participer à des projets de croissance externe, de transmission d’entreprise, ou de développement à l’international avec des créations de filiales à l’étranger.

B : Et quelles sont leurs principales demandes ?

LV : Actuellement, on est dans un contexte assez particulier… certains entrepreneurs sont encore en période de crise, pour d’autres de rebond. Leurs demandes s’axent majoritairement sur des besoins de trésorerie pour se restructurer, réinvestir ou se moderniser. Suite à la crise, beaucoup d’entrepreneurs ont changé leur façon de travailler en interne. Une prise de conscience qui a engendré un rééquipement : parc informatique, logiciels, flotte auto…

B : Quelle est votre dernière « belle histoire » d’entreprise ?

LV : C’est une jolie histoire de création ! Bpifrance accompagne en grande majorité les entreprises de plus de 3 ans, mais il nous arrive de faire des exceptions pour certains projets, notamment dans les secteurs de l’hôtellerie et de la grande distribution.
C’est le cas de Murielle Roquejeoffre qui nous a récemment présenté un projet de création d’hôtel. Malgré un bagage professionnel très éloigné de l’univers de l’hôtellerie (diplômée d’HEC et de la London School of Economics, puis directrice financière de grands groupes), elle s’est lancée dans la création d’une chaîne axée sur le repos et le bien-être qui sera implantée dans un éco-quartier de Toulouse. La construction durable du bâtiment s’inscrit également dans une démarche de valorisation du savoir-faire local et un souci de l’empreinte environnementale.

B : Pourquoi avoir choisi de l’accompagner ?

LV : Car très rapidement, elle a su s’entourer de professionnels de l’hôtellerie et d’experts qui l’ont aidé à construire son projet. Sa personnalité et sa vision font réellement sens pour l’hôtellerie de demain. C’est pour toutes ces raisons que nous avons eu envie de l’aider à mener à bien son projet qui sera achevé en 2022 !

B : Quels sont les projets de votre direction régionale pour 2021 ?

LV : 2021, c’est clairement l’année du climat ! Donc notre objectif est de diffuser au maximum l’offre « banque du climat » auprès des entrepreneurs. Nous souhaitons plus que jamais accompagner les entreprises dans leur transition écologique et énergétique en promouvant notamment les Diag Eco-Flux et les prêts verts.
En parallèle, on continue bien évidement de les accompagner dans la relance et le rebond.

B : Pourriez-vous nous en dire plus sur les opportunités entrepreneuriales dans votre région ?

LV : L’aéronautique et l’aérospatial sont indéniablement des secteurs privilégiés, mais je dirais également le transport de façon plus général. Toulouse est un carrefour dans lequel se sont implantés de nombreux transporteurs.
En cette période de crise, je pense d’ailleurs qu’il y a une carte à jouer autour de la mobilité douce et les nouveaux moyens de transports « verts ». Il devient évident que l’aéronautique va devoir se transformer pour devenir plus respectueux de l’environnement. Il y a donc de la place pour les entrepreneurs souhaitant développer des innovations dans ce sens.
Le territoire du Gers offre également des possibilités aux dirigeants évoluant dans l’agroalimentaire, d’autant plus que la région toulousaine est de plus en plus sensible au bio, à l’économie circulaire et aux savoir-faire locaux.