BeFC a conçu une pile écologique à base de papier

Créer une pile écologique à base de papier et d’enzymes, voici la prouesse de la startup deeptech grenobloise BeFC. Une innovation qui lui a ouvert les portes du French Tech Green20, un programme qui vise à faire émerger les nouveaux champions technologiques de la transition écologique. 

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  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • 17 août 2021
  • Temps de lecture: 2-3 min
biopiles

Environ 97 % des piles miniatures terminent dans une décharge. Un constat qui a conduit les équipes de BeFC à concevoir une pile à base de papier et d’enzymes, au format fin, léger et flexible. Cette startup, spin-off du CNRS, qui s’appuie sur plusieurs décennies de travaux réalisés au sein du centre de recherche, multiplie les récompenses. Lauréate en 2020 du concours d’innovation i-Lab et du Leyton sustainable start-up challenge, elle a également été sélectionnée pour faire partie du programme French Tech Green20 grâce à l’impact environnemental de sa solution et à sa capacité de la déployer à grande échelle. 

« Un marché qui se chiffre en dizaines de milliards de dollars » 

Pour activer les biocellules de cette pile nouvelle génération, il faut un liquide. Les premiers prototypes fonctionnent avec des fluides biologiques et sont dédiés au secteur de la santé – test de grossesse, patchs des patients diabétiques, etc. « Nous avons ensuite développé un système de réservoir, à la demande de nos clients. Notre solution est non-toxique, biosourcée et ses coûts de recyclage sont plus faibles que pour les piles traditionnelles », annonce le professeur Jean-Francis Bloch, directeur général de BeFC.  

En plus d’être propres et durables, ces piles ont un autre avantage. Elles peuvent alimenter des capteurs qui récoltent des données et des systèmes qui diffusent un signal. « Cette innovation représente un marché qui se chiffre en dizaines de milliards de dollars, tant les possibilités sont importantes. Pour l’instant, nous nous concentrons sur la logistique et la santé », précise Jean-Francis Bloch. Côté logistique, le système d’alimentation et de capteurs de BeFC permet de suivre la géolocalisation, ainsi que le taux d’humidité et la température d’un colis, ou encore de savoir s’il a subi un choc. Dans la santé, BeFC réfléchit, entre autres, à un dispositif qui permettrait le suivi de la prise des médicaments, car le manque d’adhérence aux traitements coûte très cher au système de santé. 

L’innovation de BeFC est donc bien plus qu’une pile. « Nous alimentons des capteurs, nous récoltons des données, les traitons, et pouvons les transmettre. Nous n’imaginons pas encore l’ampleur des produits innovants que les entreprises vont développer grâce à notre solution. » 

Une industrialisation en deux temps 

Après l’innovation vient la production. « Nous menons notre industrialisation sur la base d’une écoconception et travaillons avec des fournisseurs et des partenaires situés dans un rayon de 150 kilomètres », explique Jean-Francis Bloch. Cet été, une première machine permettra de produire 1 000 unités par jour. Mais la startup, qui a déjà levé 3 millions d’euros, ne compte pas s’arrêter là. « En 2023, une nouvelle machine nous permettra de produire 1 million de pièces par jour. On souhaite que nos solutions soient comparables à l’alcalin en termes de prix, d’ici quelques années. » 

Des pièces qui devraient partir à l’assaut des Etats-Unis et du Japon en 2024. « L’international est une composante majeure de notre développement. Le programme French Tech Green20 nous permet de rencontrer de nombreux interlocuteurs, avec qui nous abordons ces sujets. ». L’entreprise, qui cumule les prix et distinctions en France et à l’international, entend également profiter de l’accompagnement par les services de l’Etat. « En termes d’énergie, les décisions de l’Etat ont le pouvoir d’ouvrir ou de fermer un marché entier, pensez à l’exemple des ampoules LED. La proximité avec le ministère de la Transition écologique qu’offre la French Tech Green20 est très précieuse. »