Les modèles prédictifs d’Amiral Technologies séduisent les géants de l’industrie

Avec son logiciel DiagFit, la startup deeptech Amiral Technologies met l’intelligence artificielle au service de la maintenance prédictive. Une innovation qui a convaincu de nombreux fleurons de l’industrie française.

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  • 02 juin 2021
  • Temps de lecture: 2-3 min
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C’est le fruit de dix années de recherche universitaire dans le domaine de l’intelligence artificielle, de l’automatique et de la théorie du contrôle. Avec ses modèles prédictifs, la solution d’Amiral Technologies ne nécessite pas de disposer de données historiques de pannes pour prédire celles à venir. Au cœur du logiciel DiagFit, mis au point par cette spin-off du CNRS : la transformation des données issues des capteurs installés au sein des équipements industriels, exploitées ensuite par des algorithmes de machine learning. Lauréate du concours i-Lab en 2019, la startup est aujourd’hui en pleine ascension notamment grâce à sa coopération avec des grands comptes industriel. Simon Gazikian, directeur général de la pépite grenobloise fait le point sur les avantages pour une deeptech à collaborer avec des grands groupes.

« Historiquement, 80 % de nos clients relèvent du secteur du transport et de l’énergie car lorsqu’un équipement tombe en panne, les pertes d’exploitation y sont très onéreuses. Les retours sur investissement obtenus par la prédiction de pannes sont donc très importants dans ces deux domaines. Nous observons en même temps que le manufacturing est également en train de croître dans notre portefeuille, notamment pour le cas d’usage de prédiction de la qualité de fabrication en combinaison avec de la vision artificielle », analyse Simon Gazikian.

Potentiel de volume et facteur de crédibilité

La startup, fondée en 2018, a d’ores et déjà séduit des fleurons tels que Vinci Energies, Mersen, Thales, Airbus Helicopters, Ariane Group, Daher, ou encore Valeo. Autant de grands comptes dont la présence au portefeuille de cette jeune société à l’offre duale (civil et défense) présente plus d’un avantage. « Les grands groupes représentent un potentiel important en termes de volume ainsi qu’une grande diversité de cas d’usage. Ils sont stratégiques pour nous car un premier déploiement réussi en amène d’autres par la suite et nous permet ainsi de développer notre activité de façon durable », estime Simon Gazikian. Autre point, « compter des grandes entreprises parmi ses clients aussi est un facteur de crédibilité et de réassurance qui permet de convaincre plus rapidement d’autres prospects, des partenaires et des investisseurs ».

Son conseil pour s’en approcher ? « Il n’y a pas de recette miracle. Mais mon expérience, dans notre domaine d’activité, démontre que pour déployer la solution d’une startup au-delà d’une preuve de concept, il est souvent plus efficace de discuter avec les directions opérationnelles. Ce sont elles qui s’occupent de la qualité, de l’exploitation ou de la maintenance. C'est avec elles qu’il faut bâtir des business cases plutôt qu’avec des directions de l’innovation », nuance Simon Gazikian. Reste aussi que la collaboration avec les grands groupes implique « des processus longs et complexes ». C’est pourquoi, Amiral Technologies compte également parmi ses clients de plus petites structures, de la PME à l’ETI, pour diversifier sa clientèle.

Conquérir l’international avec les grands comptes

Les grands groupes demeurent néanmoins un élément important dans la stratégie de la startup, d’autant que ceux-ci pourraient accompagner son futur déploiement à l’international. Si pour l’heure, la deeptech se concentre sur le marché français, elle prévoit d’accélérer ses efforts cette année pour partir, avec des partenaires, à la conquête de clients à l’étranger. « Nous avons déjà un certain nombre de partenariats comme avec IBM, Siemens, Blumorpho ou LGM qui font la promotion de notre logiciel auprès de leurs clients. Nous allons développer encore cet axe en France comme à l’international avec les grands acteurs de la maintenance industrielle dans une approche B2B2B », avance Simon Gazikian.

En attendant, la startup deeptech sort régulièrement de nouvelles versions de sa solution DiagFit et continue d’innover avec le CNRS - et avec d’autres organismes de recherche dans le futur - pour « conserver, voire amplifier, notre avance significative sur les concurrents », résume son dirigeant.