Banques /Fintech : compétition ou collaboration ?

« Banques /Fintech : compétition ou collaboration ? » tel était le titre de l’atelier Echo 3 de Bpifrance Inno Génération animé par Laurent Nizri. Retrouvez la vidéo et les points à retenir de cet atelier.

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Echo 3 - Banques / Fintech : compétition ou... par Bpifrance Inno Generation

« Banques et fintechs : vers une compréhension commune »

Entre fintechs et grandes banques, l’ambiance n’est pas toujours à l’entente cordiale. Si les uns et les autres font état d’une évidente compétition, des formes de coopération s’amorcent.

Les fintechs font-elles trembler les banques ? Une chose est sûre, ces start-up, avec leur modèle économique utilisant la technologie pour lancer des produits bancaires et financiers innovants, sont en train de gagner du terrain sur les opérateurs plus traditionnels de la finance. Jusqu'à récemment, le secteur n’avait pas été touché, ou très peu, par la transition digitale. Aujourd'hui les fintechs sont en pleine expansion. Mais à quoi est dû leur succès ?

« Il existe avant tout une notion de transparence. Nous offrons une pédagogie qui n’existait pas » explique Sébastien d’Ornano de Yomoni, « notre offre de tarifs est plus attractive parce qu’elle fait intervenir moins d’intermédiaires ». Des services moins chers donc des dispositifs plus lisibles, mais aussi une meilleure connaissance du client et une plus forte réactivité contribuent à expliquer le phénomène. « Nous avons la capacité à définir un profil de risques et une enveloppe fiscale en moins de 8 jours. Nous avons développé une nouvelle solution de crédit pour les PME, qui nous permet d’aller vite et sans garantie. Peu d’efforts ont été faits ces dernières années sur le système d’octroi du crédit. La chaîne s’avère très longue, or la vraie problématique c’est le temps. Chez Unilend, il est possible d’obtenir son financement en 3 jours en moyenne » explique Nicolas Lesur d'Unilend.

Pour Gabriel de Montessus d’HiPay, un fournisseur de solutions monétiques, « les fintechs, grâce aux nouvelles technologies et à la Data, ont la faculté de traiter l’information en temps réel », une rapidité qui leur donne des avantages concurrentiels. Autre qualité des fintechs, leur capacité d’adaptation. « Les fintechs ont su saisir les opportunités de la réglementation, même si la France marque un temps de retard, par rapport à la Grande Bretagne. Elles ont mis un concentré d’innovation dans des domaines hyper-pointus », souligne Philippe Collombel, du fonds de capital risque Partech Venture.

L’innovation, nerf de la guerre

Mais les mastodontes de la finance ne restent pas inactifs non plus face à ces nouveaux venus sur le marché. Pour Myriam Becq du pôle innovation de BNP Paribas, l’innovation n’est pas l’apanage des fintechs. « Les nouveaux entrants montrent le métier sous un angle différent. Notre démarche de digitalisation a été plus tardive même si de nombreux prêts sont aujourd’hui, online. Nous ne perdons pas de vue la relation client mais nous sommes soumis à une réglementation très lourde ». Ces nouveaux acteurs sont ainsi perçus par l’institution comme des challengers qui imposent de nouveaux schémas. La réglementation risque de renforcer les opportunités des fintechs. Exemple, la directive des services de paiement n° 2 adoptée fin 2015. Elle offre la possibilité à un tiers d’accéder au compte d’un client si celui-ci en a donné l’accord et rend possible la passation d’un ordre de paiement. La simplification des ordres de paiement permettra aux fintechs de capter plus facilement la clientèle des banques traditionnelles.

Quelles formes de coopération ?

Quels enseignements les banques traditionnelles peuvent-elles tirer des jeunes pouces de la finance ? Pour Nadia Filiali responsable du développement des mandats et des offres à la Caisse des dépôts, « les fintechs peuvent faire figure d’exemples. Elles s’avèrent ainsi de formidables outils d’innovation, vecteurs du développement de nouveaux services.  Pour les banques et les assurances c’est un observatoire idéal de la transition digitale. C’est aussi une nouvelle façon de voir les usages et les modes de consommation, de capter un usage particulier, pour mieux répondre au besoin d’instantanéité et de clarté du client ». Et puis, comment coopérer ? BNP Paribas a lancé une thématique auprès des start-up et des fintechs sur l’expérience client. D’ores et déjà, divers projets ont été incubés, à travers le monde. L’Atelier, filiale de BNP Paribas fait également de la veille technologique sur les 4 continents via un accélérateur fintech et assurtech. Myriam Becq conclut, « Il nous faut apprendre à fonctionner et à travailler ensemble pour activer des collaborations fructueuses. C’est un processus plus long et plus complexe que de prendre un ticket dans une start-up ». 

Intervenants
Nadia Filali, responsable du développement des mandats et des offres, Caisse des Dépots 
Gabriel de Montessus, directeur général, HiPay
Sébastien d’Ornano, directeur executif, Yomoni
Nicolas Lesur, COE, Unilend
Myriam Becq, directrice innovation, BPN Paribas
Philippe Collombel, Co-Managing Partner, Partech