La Foire d’Hanovre vue par 2 entrepreneurs français

La Foire internationale d’Hanovre en Allemagne - qui s’est déroulée du 1er au 5 avril - s’est imposée comme le « CES » de l’industrie 4.0 Ces dernières années. Yves Noirot, directeur général des Fonderies de Sougland, et Simon Laurent, cofondateur de la start-up HAVR, présents cette année, nous livrent leurs impressions sur cet événement devenu incontournable.

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  • 09 avril 2019
  • Temps de lecture: 2-3 min

Côté Fab "Les Fonderies de Sougland" vs côté Tech "HAVR"

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C'était votre 1re fois à Hanovre ?

Yves Noirot : Nous avons déjà exposé en 2017 et en 2018 sur le Pavillon Business France en présence d’autres entreprises françaises. Et l’an dernier, nous y avons fêté les 475 ans de notre entreprise ! En tant qu’industriel, il est indispensable de participer à la « Hannover Messe », surtout avec la dynamique actuelle liée à l’usine 4.0.
 

Simon Laurent : Oui, c’est une première pour nous. La Foire d’Hanovre est la référence européenne et même mondiale de l’industrie, en particulier 4.0. Notre participation a donc du sens pour rencontrer de potentiels partenaires industriels.

Vous vous étiez fixé des objectifs ?

Y.N. : Si des affaires se concluent à la suite de cet événement, tant mieux. Mais ce n’était pas l’objectif premier. Créer des contacts est important, mais le but principal est de pouvoir se projeter vers l’avenir et d’observer les évolutions actuelles et futures de l’industrie. En tant qu’entreprise innovante, nous devons anticiper et être toujours prêts à aller de l’avant.
 
S.L. : Notre présence à Hanovre ne vise pas d’objectifs commerciaux, mais plutôt de comprendre et d’appréhender les enjeux et les problématiques de nos partenaires industriels avec lesquels nous travaillons pour fabriquer nos serrures connectées. Le focus de cette foire sur l’usine 4.0 est particulièrement important pour cerner les attentes et besoins des industriels, afin que nous puissions adapter notre cycle de production, en fonction de leurs propres contraintes. Une des grandes problématiques à laquelle sont confrontés nos industriels concerne le recrutement de personnes compétentes en informatique. Il est temps de leur permettre d’accéder à ces compétences pour faire fonctionner les usines de demain.

C’est un événement qui revient cher pour une entreprise ?

Y.N. : Les deux précédentes éditions nous ont coûtées 30 000 euros chacune. Nous avions présenté notre savoir-faire et faisions des démonstrations de notre R&D pour être visible autrement. Cette année en revanche, nous n'avons pas exposé, mais nous souhaitions tout de même être présents. On a pu découvrir plusieurs innovations intéressantes, notamment dans les halls « Digital Factory ». C’était très instructif de voir, cette année encore, les nouveautés en termes de maintenance prédictive ou de pilotage des données par exemple.

S.L. : Je suis parti seul à Hanovre ce qui m'a coûté 2 500 euros.

Et côté accompagnement, quelle expérience retenez-vous de cette Learning Expedition ?

Y.N. : Grâce à la mission, nous avons pu bénéficier d’un accompagnement privilégié et d’une structuration du programme efficace pour rencontrer des experts et de grands industriels. C’est ce qui nous a permis de découvrir une palette complète d’offres complémentaires, de mieux comprendre l’industrie du futur et de gagner beaucoup de temps.

S.L. : Il ne faut pas se mentir, une présence à Hanovre coûte assez cher, notamment au niveau de l’hébergement. Sans connaître le prix exact par personne, il est clair que cette mission nous a permis de négocier de meilleurs tarifs et même de contribuer financièrement à notre participation ici. Par ailleurs, le pavillon France a apporté de la visibilité grâce à la présence d’industriels reflétant le savoir-faire français.

Au lendemain de cette foire, quel bilan ?

Y.N. : Les différentes conférences, les visites guidées par le « HUB Institute », ont été riches en enseignements quant au futur de l’industrie. Cela va également nous aider à nous adapter dans notre projet de modernisation, tout en permettant un rapprochement avec les entreprises du Mittelstand, avec lesquelles nous pouvons être complémentaires malgré notre taille de PMI. Nicolas Dufourcq a insisté sur davantage de coopération franco-allemande entre les entreprises de toutes tailles, un message très fort pour moi !
 
S.L. : Un bilan positif ! Dans les allées de la foire, j’ai pu rencontrer des industriels étrangers, qui seraient susceptibles de fabriquer nos produits dans un futur proche. Et Hanovre m’a également permis de comprendre les grandes lignes directrices de l’industrie de demain.