Sylvie Casenave-Péré (Posson Packaging), une femme libre…d’agir

Soucieuse de préserver le patrimoine entrepreneurial français, Sylvie Casenave-Péré a redressé Posson Packaging et l'a dotée d'une usine 4.0 avant l'heure. Son secret ? Bien ancrée dans le présent, elle cultive l'avenir.

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  • 28 février 2018
  • Temps de lecture: 2 min

 « Je suis libre et je cherche l'autonomie ! », proclame haut et fort Sylvie Casenave-Péré, la présidente de Posson Packaging. Une liberté et une autonomie qu'elle offre aussi à ses 130 salariés, qui oeuvrent à la fabrication et la distribution de cartons et autres solutions packaging, notamment pour l'industrie agro-alimentaire, dans la région Pays de la Loire. Elle en apporte tout de suite la preuve. Ainsi, si l'usine, achevée en 2005 à Louailles, une petite commune de la Sarthe, est sur un niveau seulement - « Pas de miradors ici ! », s'exclame la présidente - c'est pour faire en sorte que tous les salariés, des cadres aux ouvriers, se sentent partie prenante d'un projet fondé sur la responsabilité environnementale et sociale (RSE), géré grâce au lean management et à la transparence.

« Un twitter avant la lettre »

Non seulement l'usine a des fenêtres ouvertes sur le monde, de même qu'elle bénéficie de systèmes de réduction du bruit, sans oublier une gestion serrée de l'énergie et des déchets, mais en plus, chacun dispose d'un système de dialogue interne - « un twitter avant la lettre », déclare Sylvie Casenave-Péré - permettant de demander conseils ou décisions rapides, d'alerter sur des problèmes et de faire remonter des idées. Résultat de cet état d'esprit et de ces initiatives, un doublement du chiffre d’affaires en 10 ans... « Une entreprise en échec, c’est aussi parfois un manque d’intérêt de son dirigeant pour les questions sociétales, environnementales, sociales », avance-t-elle...

C'est tout le contraire chez elle. « J'ai de l’appétence pour tout ce qui passe dans mon champ de vision, dit-elle en forme d'explication, avec une formule bien à elle. Ce qu'elle ne dit pas, c'est qu'elle est en fait capable de passer de petits détails à un horizon autrement plus vaste. Des détails comme le contrôle de gestion, puisque c'est dans ce domaine qu'à peine diplômée d'Audencia Nantes, elle a débuté sa carrière, avec le groupe Tabur, à une vision d'avenir, d'abord sous la forme d'une filiale du groupe, spécialisée dans les produits techniques, qu'elle a créée.

Huit ans plus tard, « pour être libre », elle quitte tout, reprend des études d'administratrice judiciaire, puis de droit. L'un de ses dossiers concerne Posson, en dépôt de bilan en 1995. Sylvie Casenave-Péré s'y intéresse, d'autant que l'un de ses chevaux de bataille est la préservation du patrimoine entrepreneurial et de l'expertise des salariés, trop souvent dissipée lorsque des entreprises doivent cesser leurs activités. Elle entre au capital avec pour ambition de redresser la société, puis, en 2007, la reprend entièrement via un LBO.

« Si l'on m'avait dit que 22 ans plus tard, j'y serais encore, je n'y aurais pas cru ! », s'exclame-t-elle aujourd'hui. Le bilan est positif - et il est presque temps pour elle de transmettre l'entreprise...

Sa passion, la transmission