Trois questions à Xavier Chartier, représentant Bpifrance en Afrique

Connaissez-vous les opportunités à saisir en Afrique pour les entreprises françaises ?
Pour le savoir découvrez l'interview de Xavier Chartier, représentant Bpifrance zone Afrique, à Abidjan.

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1 – Quels sont les secteurs d'activités qui devraient particulièrement retenir l'attention des PME et ETI françaises en Afrique ?

Le développement de l’Afrique, autrefois porté par des secteurs traditionnels comme l’exploitation des matières premières, le fret portuaire et aéroportuaire, les infrastructures et les télécoms, est désormais soutenu par de nouveaux besoins, engendrés par une croissance démographique couplée à un phénomène d’exode rural très prononcé. Les villes font face à une nouvelle demande en santé, en formation, en logement, en mobilité urbaine, en eau et en énergies, de même qu'en assainissement et en traitement des déchets…

La production manufacturière africaine, concentrée actuellement sur l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Maroc et l’Egypte, devrait doubler d’ici 2025, selon McKinsey. L’enjeu de cette course au développement est de réussir à gérer à la fois le rattrapage, les problématiques quotidiennes et d’anticiper les besoins à venir.

Un tel développement demande par ailleurs des moyens considérables. Les bailleurs de fonds sont d’ailleurs très présents sur cette zone, car le coût du financement local est très élevé. Comme Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, l’a annoncé lors du bilan d'activité 2016, le 31 janvier 2017, 60 % du flux d’affaires en crédit export Bpifrance s’oriente vers l’Afrique. Aujourd’hui, l’offre technique est systématiquement accompagnée d’un financement. Les entreprises chinoises et indiennes l’ont déjà bien compris - en particulier sur la zone Afrique de l’Ouest, Centrale et Est, où les projets financés abondent...

2 – La plupart des observateurs estiment que le développement de l'Afrique doit aussi, et surtout, être le fruit d'initiatives locales. Pouvez-vous nous parler du nouveau Fonds Franco-Africain - dont la vocation est le co-développement ?

De nombreux pays africains orientent de plus en plus leur politique de développement vers une production locale, afin d’augmenter la création de valeur ajoutée. Il est, en effet, dans l’intérêt des états africains de réduire leur dépendance aux variations des prix des matières premières en transformant localement afin de stabiliser leurs ressources budgétaires. Conséquence : moins d’importations de produits manufacturés et plus de transformation locale, un phénomène que l’on constate déjà. Il est en outre couplé à un phénomène de régionalisation des champions nationaux.

Le fonds franco-africain (FFA), doté de 77 millions d’euros, dont 30 % souscrits par Bpifrance, sera géré par Africinvest, qui travaille sur le continent depuis 22 ans.